Le directeur de la dernière école de journalisme de France entame une grève de la faim.

C’est en fin d’après-midi, après avoir terminé son dernier repas au Fouquet’s qu’il aime tant, que J. Menpas, directeur du prestigieux Institut des Hautes Études Journalistiques, a annoncé qu’il entamait une grève de la faim pour une durée indéterminée. C’est une manoeuvre désespérée à laquelle s’est résolu M. Menpas pour attirer l’attention du public et du gouvernement sur la crise que subit l’industrie journalistique. Une crise qui se manifeste par une absence de débouchés pour l’élite, que représentent les jeunes fraichement démoulés de cette auguste institution, porteuse de la voix de la vérité depuis plus de quarante ans.

C’est un scandale, affirme le directeur, aujourd’hui moins de 5% de nos candidats trouvent un stage de fin d’année et seule la moitié se voient embauchés. Et encore, s’ils satisfont à des critères qui n’ont rien à voir avec leurs compétences techniques… 
Les journaux ne se fournissent plus chez nous, ils préfèrent débaucher à grands renforts de putes et de coco les créas d’Havas et de Publicis pour la rédaction de leurs articles.

Mis personnellement en cause, Pierre N. Pigasse ne se défend pas de cette situation et explique:

Aujourd’hui, avec la concurrence d’internet, nos journalistes papier ne sont plus assez créatifs pour à la fois attirer nos lecteurs et satisfaire aux cahiers des charges éthiques et commerciaux de nos actionnaires et/ou annonceurs. Ils génèrent des frais de formation absolument énormes pour, au final, un résultat passable face à la force rédactionnelle d’un créa de chez DDB par exemple. Les gars nous pondent du texte efficace, percutant et sexy, sans états d’âme et surtout sans s’attacher aux faits, dont on peut de toutes façons, faire dire ce que l’on veut comme on l’a vu avec la Crimée. 
Nous avons donc, en accord avec nos actionnaires, pris une position manageriale forte et claire, et décidé d’embaucher un jeune publiciste pour chaque départ à la retraite ou burn-outé. 

Alan de Bonnet, observateur de la vie politique et éditeur, de commenter:

Chapeau bas, pour une fois les propriétaires de médias font preuve de transparence et d’honnêteté, au moins les choses sont claires. Dorénavant (ndlr pour nos plus jeunes lecteurs : à partir de maintenant) vous saurez que ce que vous lirez dans les médias de masse, avec le soutien de l’État, ce sera de la merde, mais de la merde bien faite! J’ai rien à redire.

Maintenant la question se pose, que va t on faire des milliers de journalistes qui vont se retrouver à la rue? 
J’en ai qui campent devant ma maison d’édition mais je ne peux rien pour eux. Culturellement ils sont irrécupérables, incapables même de retranscrire les faits de manière objective. Ils sont perdus.

Une question qui préoccupe le Ministère du Travail, car dans la grande majorité des cas, les journalistes, comme les politiciens éconduits, ne savent pas faire grand chose de leurs dix doigts. Que faire alors de ces masses désoeuvrées? 
Une note d’espoir a émergé aujourd’hui à l’Assemblée Nationale avec Julien(ne) Chazadas, député(e) du mouvement Vert/LGBT, qui a présenté un projet de légalisation de la prostitution via une plate-forme sur le modèle d’Über. 
Une proposition qui tombe à point nommé pour absorber les ex-journalistes et qui offrirait une reconversion toute naturelle. La majorité d’entre eux étant, de fait, bien rodée à ces pratiques ancestrales.  

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À propos de l'auteur: JP Mariel

Hipster mondialiste et localiste, JP Mariel se passionne pour les actualités d'un monde qui part en vrille systémique, où tout devient possible ce qui découle fort logiquement sur du "Grand Grand N'importe Quoi "(GGNQ). JPM s'en désole et s'en amuse, et partage avec vous sa vision d'une information parallèle en mode quantique, à la fois vraie et fausse, tout dépend du point de vue de l'observateur. À vous de décider!

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