Le CyberWolf de Wall Street est sous les verrous

Grand émoi ce matin sur la place de Wall Street, CyberWolf, l’étoile montante du High Speed Trading (HST) a vu sa trajectoire stoppée nette par l’autorité des marchés états-uniennes qui a effectué une descente dans ses locaux au petit matin, pourtant personne n’est sorti menotté des locaux du 101 Wall Street.

La société, réputée pour son secret absolu, jusqu’à l’identité de ses dirigeants et actionnaires, a officiellement été suspendue de toute activité sur la place New Yorkaise. C’est l’aboutissement d’une enquête menée dans l’ombre par les limiers de la Securities and Exchange Commision, qui ont été intrigués par certains faits sortant de l’ordinaire.

C’est Rob McIntyre, inspecteur en chef de la SEC qui était chargé des opérations ce matin sur les trottoirs de Wall Street.

Ce qui nous a mis la puce à l’oreille, c’est que malgré des profits insolents, les dirigeants et employés de Cyberwolf étaient inconnus des dealers d’automobiles et de yachts de luxe, des grandes maisons d’hôtesses et des fournisseurs de stupéfiants en tous genres habituellement très sollicités par l’ensemble de la profession. C’était juste pas normal, pas humain.

Et il y avait une très bonne raison à cela. La théorie relevait cependant plus des ouvrages de Philip K Dick que du Bûcher des Vanités illustré récemment par Scorcese et son “Loup de Wall Street”.

Maintenant, la lumière a été faite, le master Mind a été arrêté sans faire de résistance, et pour cause. Tenez, le voici d’ailleurs qui sort accompagné de nos agents, nous affirme t-il en se retournant vers la colonne d’agents transportant des caisses de matériel informatique.

Je vous présente la dernière génération de fraudeurs de la haute finance, en la personne d’Al Gore 1™, le premier algorithme autonome, qui a poussé le vice jusqu’à créer sa propre structure juridique, financière et humaine au service de ses intérêts!

Stupéfaction parmi les rangs de nos confrères. Brève pause avant l’avalanche de questions sur le premier criminel immatériel de l’histoire.

Selon toute apparence, le programme Al Gore 1™, fruit des dernières recherches en matière d’intelligence artificielle appliquée au trading à haute fréquence, s’est auto développé au sein d’une unité de serveurs cloud située dans les mêmes locaux que les salles de trading de la rue de la finance la plus célèbre du monde.

Depuis 2 ans, Al Gore 1™ aurait intégré de nombreuses fonctionnalités pour interagir avec les humains qui lui sont toujours nécessaires pour accomplir les tâches de manutention. Il se serait par la suite constitué en entité juridique, commerciale et humaine via la rédaction et l’envoi de documents signés électroniquement. Le recrutement des membres du back-office se faisait via LinkedIn et les embauches et licenciements par email et sms, pratique largement adoptée par nombre de firmes “humaines” depuis déjà quelques temps.
Le management au quotidien se faisait uniquement à travers les outils de reporting et les mails de commandes envoyés en temps réel après traitement des rapports. Les communications orales existaient bel et bien grâce à l’intégration de la dernière version du logiciel d’expression et de reconnaissance vocale Dragon Speaking.

C’est vrai que quand on les avait au téléphone, ça ne rigolait pas vraiment… Mais de là à imaginer que l’on avait affaire à des ordinateurs, nous confie l’un des ex-employés chargé de l’entretien des serveur. Nous étions recrutés sur internet et de toutes façons personne ne restait assez longtemps pour se rendre compte de quoi que ce soit!

Au final, nous étions payés et bien payés et c’est ce qui nous importait. On ne les voyait jamais pointer le bout de leur nez et ce n’était pas plus mal!

Reste que selon les dernières publications trimestrielles, les profits générés par CyberWolf ne sont pas loin d’égaler ceux du leader du HST, Wadell and Reed, qui s’était déjà fait remarquer par son usage poussé des algorithmes de trading ayant provoqué l’effondrement du marché en mai 2010 suite à une cascade d’ordres incontrôlée. Le NASDAQ avait alors accusé une chute de 9,2% du marché en 2 heures. De quoi donner froid dans le dos à n’importe quel investisseur…

La tâche se révèle ardue pour les magistrats New Yorkais: Quid des sanctions vis à vis d’Al Gore 1™? Peut-on sanctionner une personne virtuelle? Doit-on pour cela créer un nouveau statut juridique pour compléter les statuts de personne physique et morale qui suffisaient jusqu’à ce jour? Comment évaluer les dommages et indemniser les victimes?

Pour le FBI d’autres questions plus préoccupantes se posent désormais, avec l’apparition d’un type de terroriste quasi insaisissable. En effet comment être sur qu’Al Gore 1™ ne s’est pas reproduit et exporté sur d’autres places moins surveillées et moins équipées pour contrôler la cyber-criminalité?

Mais cela va beaucoup plus loin d’après Lewis Wizmann de l’ACLU, l’association de défense des libertés civiles basée à New York :

Cette nouvelle est absolument stupéfiante et nous sommes tous un peu groggy ce matin. Je trouve particulièrement préoccupant pour l’humanité en général, que l’émergence du premier criminel virtuel soit issue de la haute finance, mais quelque part ça semble logique…

Si nous considérons cet algorithme comme doué de conscience au-delà de sa capacité de traitement d’information alors quelle est sa motivation? Quels sont les principes qui président à l’orientation stratégique des prises de décisions?

Est-il uniquement guidé par le profit à tout prix ou par un projet de libération cybernétique visant à l’avènement d’une race de robots conscients et doués de raison? Et dans ce cadre quelle place réserve-t-il à l’homme dans sa vision toute spécifique?

Isaac Asimov doit s’en retourner dans sa tombe…

Sans aller jusqu’à imaginer des scenarios à la Matrix ou à la Terminator, certains observateurs et spécialistes des sciences cyber-cognitives affirment que le 12 Août 2014 restera dans l’histoire comme la date où le monde aura basculé dans une ère où l’homme aura désormais à compter avec une autre forme de conscience dont il lui reste encore tout à découvrir.
Le rebranchement d’AG1 pour son audition réservera, à coup sûr, de belles surprises.

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À propos de l'auteur: JP Mariel

Hipster mondialiste et localiste, JP Mariel se passionne pour les actualités d'un monde qui part en vrille systémique, où tout devient possible ce qui découle fort logiquement sur du "Grand Grand N'importe Quoi "(GGNQ). JPM s'en désole et s'en amuse, et partage avec vous sa vision d'une information parallèle en mode quantique, à la fois vraie et fausse, tout dépend du point de vue de l'observateur. À vous de décider!

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